"La main est action : elle prend, elle crée, et parfois on dirait qu'elle pense... Educatrice de l'homme, elle le multiplie dans l'espace et dans le temps", écrit Henri Focillon, historien d'art, dans son Eloge de la Main. Les mains qui oeuvrent dans l'ombre de la Couture sont un "capital" de science et de conscience. Qu'elles jouent de l'alène, bombent un pétale, façonnent une dentelle ou courent sur un plissé, ces mains, vivantes et vibrantes, tendres et décidées, si belles dans la précision et l'aisance de leur gestuelle, métamorphosent le banal en exceptionnel.
Gardiennes d'une mémoire, artistes du savoir, elles glissent, le long d'un fil, d'une plume ou d'une perle, une charge émotionnelle. A l'ère de la technologie en folie et du virtuel, elles cultivent la généreuse poésie de l'unique, conjuguent au singulier sensible la perfection, parlent de la douce ivresse de milliers de caresses, et reprécisent le sens de valeurs universelles. Avec, et grâce à elles, l'abstrait prend corps et forme, et le temps ne meurt pas.




















